Sega Game Gear

Vous achetez une Game Gear ou une Lynx ? Vérifiez d'abord ces points de défaillance

Retirez les caches des piles d'une Sega Game Gear et sentez. Cette légère odeur de poisson est de l'électrolyte qui a fui des condensateurs défaillants – une odeur d'amine que tout technicien Game Gear connaît – et cela signifie que la console que vous avez entre les mains fonctionne sur du temps emprunté, si elle fonctionne encore.

La collection de cartouches concerne surtout l'esthétique. La collection de consoles portables classiques concerne le matériel lui‑même, car sur une Game Gear, une Atari Lynx ou une première PSP, la coque peut être parfaitement propre tandis que l'intérieur meurt silencieusement. Voici comment évaluer une console comme quelqu'un qui en a déjà ouvert quelques‑unes.

Pourquoi chaque Game Gear d'origine est une horloge qui compte à rebours

Sega a conçu la Game Gear (1990) autour de condensateurs électrolytiques montés en surface, et des décennies plus tard, presque tous ont fui ou sont desséchés. L'échelle de défaillance est prévisible : le son part en premier – souvent le haut‑parleur meurt alors que les écouteurs fonctionnent encore – puis l'écran s'obscurcit, puis un jour l'appareil ne s'allume plus du tout.

C'est pourquoi recapée est le mot le plus précieux dans une annonce de Game Gear. Cela signifie que quelqu'un a remplacé les condensateurs électrolytiques, idéalement sur chaque carte de l'appareil – principale, alimentation et son, selon la révision. Une Game Gear correctement recapée n'a pas seulement été réparée ; son principal mode de défaillance a été supprimé. Attendez‑vous à en payer plus pour une telle unité, et soyez content de le faire.

Et si une annonce se vante « fonctionne parfaitement, jamais ouverte » – lisez cela comme un rappel de service assorti d'un prix. Une Game Gear intacte qui fonctionne aujourd'hui est une Game Gear qui aura bientôt besoin de condensateurs.

Juger un écran honnêtement – la lentille n'est pas l'écran LCD

Les écrans des portables cachent leurs péchés derrière une lentille en plastique. Les rayures sur cette lentille rendent très mal en photo mais importent peu : les lentilles se polissent ou se remplacent à bas prix, et des améliorations en verre existent pour la plupart des portables classiques. Les dégâts sous la lentille sont une tout autre affaire.

  • Traits persistants – verticaux ou horizontaux, visibles dans tous les jeux – indiquent un problème avec le LCD ou sa circuiterie de pilotage, pas de la saleté. C'est du travail au niveau de la carte, pas un simple coup de chiffon.
  • Un écran Game Gear faible ou qui scintille signifie généralement que le tube de rétroéclairage fluorescent, ou l'onduleur qui l'alimente, est en fin de vie. Réparable, mais cela implique un fer à souder.
  • Pixels morts ne guérissent pas. Demandez une photo de l'écran allumé et exécutant un jeu, prise dans une pièce normalement éclairée – une photo glamour en chambre noire cache tout.

L'Atari Lynx (1989, le premier portable avec un LCD couleur) mérite sa propre ligne. Cet écran pionnier n'a jamais été le point fort de la machine et il ne s'améliore pas avec l'âge, ce qui explique pourquoi tant de Lynx sur le marché portent un remplacement LCD moderne – le mod McWill étant le plus connu. De manière inhabituelle pour la collection rétro, un Lynx moddé à l'écran vaut souvent plus qu'un exemplaire intact. Les puristes gardent les originaux sur l'étagère ; les joueurs achètent le mod.

Le compartiment des piles ne ment jamais

La Game Gear et la Lynx consomment chacune six piles AA, et beaucoup des deux ont passé des années dans des tiroirs avec des alcalines encore à l'intérieur. Ouvrez chaque compartiment avant que l'argent ne change de mains, ou exigez des photos. Des dépôts blancs ou bleu‑vert sur les bornes sont des fuites d'alcaline ; les contacts peuvent être nettoyés ou remplacés, mais la vraie question est de savoir si la corrosion a dépassé ces contacts et atteint la carte.

Les portables plus récents échangent ce problème contre le lithium. Les packs d'origine de PSP sont maintenant célèbres pour leur gonflement – une cellule gonflée peut bomber le dos d'une PSP‑1000 ou faire sauter la trappe de la batterie. Une batterie gonflée doit être recyclée, pas décrite comme « tient encore la charge quand même ». La même logique s'applique aux familles DS et 3DS : la console est le contenant, et une copie en parfait état de Metal Gear Solid: Snake Eater 3D n'est bonne que tant que la charnière et la batterie de la 3DS dans laquelle vous l'insérez sont en bon état.

Six questions à poser avant d'acheter sans voir

Les photos enjolivent, et « testé, fonctionne » ne signifie presque rien pour du matériel avec des modes de défaillance chimique connus. Avant de vous engager, demandez :

  • Est‑elle recapée – quand et par qui ? « Serviced » ou « refurbished » n'est pas la même chose.
  • Pouvez‑vous envoyer une photo ou une courte vidéo de l'écran allumé et en train d'exécuter un jeu ?
  • Le son fonctionne‑t‑il via le haut‑parleur à plein volume, pas seulement via des écouteurs ?
  • À quoi ressemblent les contacts des piles ? Une photo par compartiment, s'il vous plaît.
  • Pour une PSP : la batterie est‑elle d'origine, tient‑elle la charge, et la trappe est‑elle affleurante ?
  • Quand a‑t‑elle été utilisée pour plus de cinq minutes pour la dernière fois ? Certains défauts, comme un rétroéclairage qui faiblit, n'apparaissent qu'une fois l'appareil chauffé.

Un vendeur qui répond sans broncher aux six questions est un vendeur en qui vous pouvez avoir confiance. Un vendeur qui répond « ça marchait quand je l'ai rangée » vous a tout dit.

Voici la conclusion tranchée : pour les portables, l'originalité d'origine est l'achat le plus risqué, et l'unité recapée ou modifiée à l'écran est la meilleure console. La collection rétro vénère généralement l'originalité – les portables sont la grande exception. Alors, lequel êtes‑vous : le puriste qui préserve les condensateurs de Sega exactement tels qu'ils ont été soudés, ou le joueur qui répare ce que Sega n'a jamais prévu qu'aille durer si longtemps ?